Le Liban : la réforme du secteur des déchets est lancée

Au Liban, la croissance de la population et son urbanisation, associées au développement de l’industrie et de l’agriculture ont donné lieu a une forte hausse de la production de déchets, notamment ménagers. La gestion des déchets solides est aujourd’hui au cœur des préoccupations des autorités libanaises. 

Le Groupe est présent dans le traitement des déchets au Moyen-Orient depuis 1977 où il a créé, la première société privée des Emirats Arabes Unis dans ce secteur, Trashco LLC. SUEZ est également présent à Oman où il a réalisé les centres de stockage de Mascate et Nizwa. SUEZ accompagne les autorités locales dans la gestion de leurs déchets en associant son expertise à celle de partenaires locaux pour développer des solutions au plus près des enjeux des territoires. C’est le cas par exemple du contrat confié par la municipalité de Saïda à l’entreprise locale JCC et SUEZ en 2013 pour la réhabilitation d’une décharge sauvage en un parc public.

Saïda, un modèle d’avenir pour la gestion des déchets au Liban

Le Liban génère moins de déchets que ses voisins du Moyen Orient : en moyenne, 0,9kg de déchets par jour et par habitant, pour une quantité totale de 1,8 million de tonnes par an. Les autorités sont confrontées à un défi important : la gestion et le traitement de ces déchets. En effet, si 99,5% d’entre eux sont collectés, seuls 53% sont mis en décharge et 8% sont recyclés (avec de fortes disparités entre villes et campagnes). L’une des problématiques majeures du pays est l’existence de dépotoirs « sauvages », illégaux qui sont estimés à plus de 700 : durant la Guerre Civile, de nombreux dépôts sont nés le long des routes, des plages… sans que les autorités ne puissent empêcher leur apparition. L’exemple le plus révélateur est sans doute la décharge de Saïda qui, au début des années 1970, a commencé à se développer jusqu’à devenir une « montagne de déchets ».

Située en bordure de la méditerranée orientale, la ville de Saïda se distingue par son dynamisme économique et démographique. Regroupant 250 000 habitants, elle est aujourd’hui la troisième ville du Liban.

Une montagne composée de déchets se dressait jusqu’en 2013 aux confins de la ville, à 1 km à peine du port et du centre historique de la ville. Ce mont peu ordinaire, de 58 mètres de haut et de 6 hectares, constituait la plus grande décharge du Liban. Depuis quarante ans, les déchets s’y accumulaient au rythme moyen de 200 tonnes par jour, soit 1,5 millions de m3 de déchets cumulés qui venaient ainsi polluer les côtes du pays. Outre ses effets délétères sur la santé, la présence de cette décharge aux dimensions monumentales affectait directement l’une des principales activités économiques des résidents de Saïda : la pêche. Elle constituait également un fardeau environnemental pour les habitants et la municipalité. En effet, les déchets se déversaient dans la mer Méditerranée lors de tempêtes et d’éboulements. Il y a quelques années, les chercheurs avaient ainsi découvert une seconde décharge à Saïda, sous-marine, et empêchant la faune et la flore maritimes de se développer. Au final, toute la vie et l’économie de la région étaient directement touchées.

En 2013, le gouvernement confie au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) la gestion du contrat de 25 millions de dollars pour la réhabilitation de cette décharge. Les autorités font appel à l’entreprise locale Al-Jihad for Commerce and Contracting (JCC) et SUEZ, afin de mettre en place un modèle performant pour le traitement et la valorisation des déchets.

SaidaParc public de Saïda - Copyright : SUEZ_JCC_UNDP

  • Une montagne de déchets de 1,5 million de m3
  • 200 tonnes déchets accumulées chaque jour pendant 40 ans
  • SUEZ a trié 600 000 tonnes de déchets
  • Un parc public de 33 000 m2

SAida 2Réhabilitation de la décharge en parc public - Copyright : SUEZ_JCC_UNDP 

Une proposition globale et transversale La réhabilitation du Djebel prévoyait l’établissement d’un site de stockage, de valorisation des déchets ainsi que d’une usine assurant le tri des déchets excavés en fonction de leurs caractéristiques (poids, taille…). 600 000 tonnes de déchets ont ainsi été triées. En plus de contribuer à l’assainissement du site et des eaux de mers environnantes, ce vaste projet a permis la création d’un parc public de 33 000 m2 offrant des espaces récréatifs aux résidents, notamment un théâtre en plein air. S’inscrivant harmonieusement dans le territoire et son histoire, la végétation et l’aménagement paysager s’inspirent de la tradition culturelle de Saïda. Le parc public, qui sera inauguré en avril 2016, contribue à réhabiliter des milieux naturels et offrir un nouvel espace de vie pour les Libanais. Ce projet est le premier de cette ampleur au Liban, il ouvre la voie à la réhabilitation d’autres décharges sauvages, au nombre de 700 aujourd’hui au Liban.

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